« Des Indiens sous le Maracanã », Les Cahiers du football
Par Pierre-Antoine GARCIA le samedi 12 mai 2012, 18:24 - Vu d'ailleurs - Lien permanent
RECOMMANDATION DE LECTURE POUR INTERNAUTES CURIEUX
À l’heure où le développement durable se trouve mêlé à toutes les sauces, le Mondial de football 2014 et les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro 2016 à venir au Brésil interpellent les citoyens du monde. Car il faut faire du beau, du neuf, du clinquant. Il faut remodeler des territoires où vivent des populations indigènes et Amérindiennes en lutte pour la défense du droit au logement et la reconnaissance de leur identité.

LE DÉVELOPPEMENT DURABLE DERNIER AVATAR DE LA MONDIALISATION ? La question mérite d’être posée à la lumière des mégas évènements sportifs à venir en Amérique du Sud. Au Brésil à Rio de Janeiro ; plus précisément aux environs du stade Maracaña où vont se dérouler la finale du Mondial de football en 2014 et la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2016. Sur ce territoire vivent des populations indigènes (locales) et Amérindiennes menacées d’expulsion par les autorités et les bulldozers pour remodeler l’espace urbain.
Curieux paradoxe en effet, quand on sait que les plus grandes firmes multinationales (étrangères et françaises) sont partenaires (comme on dit pudiquement) du Mondial de football et des JO. Et qu’elles adhérent au Pacte Mondial lancé en juillet 2000 par les Nations unies. Autrement dit, elles s’engagent à appliquer les dix principes universellement acceptés portant sur les droits de l’homme, les normes du travail, l’environnement et la lutte contre la corruption. Ironie du calendrier, Rio de Janeiro va aussi accueillir du 15 au 18 juin prochain le Rio + 20 Corporate Sustainability Forum. Objectif affiché du forum : « Innovation and Collaboration for the Future We Want ». Rien que ça ! L’innovation et la collaboration pour le futur que nous voulons.
À ce sujet, l’universitaire Sylvie Brunel remarque fort à propos : « Le développement durable est-il devenu pour autant une véritable composante des politiques publiques comme des actions privées ? L’ambiguïté persiste, car le brandir comme emblème, comme étendard, est aussi un moyen de se concilier les bonnes grâces de ses interlocuteurs, de ses partenaires… et de ses cibles, qu’il s’agisse d’électeurs, de consommateurs, de donateurs, de bailleurs de fonds, de se doter d’un vernis respectable et séduisant » (1).
Mais comme le relate le journaliste du « Monde » Nicolas Bourcier dans un long article très documenté, « Le stade de la démolition », les populations locales se mobilisent (2). Ainsi un « réseau de militants regroupés au sein du Comité populaire de la Coupe du monde, créé par des habitants des douze villes hôtes du Mondial 2014 » lutte contre « la menace d’expulsion de 150 000 à 170 000 personnes ». En effet, « des dizaines de projets immobiliers et urbains seraient en cours de négociation dans les officines privées et publiques » violant le droit au logement des habitants autochtones. Raquel Rolnik y voit là un processus déjà vécu lors des JO de Pékin, des Jeux du Commonwealth à New Delhi ou du Mondial de football en Afrique du Sud. Elle appelle ça des « évictions blanches » (3). Ajoutant, « Aujourd’hui comme hier, on retrouve ce manque total de transparence et cette absence de participation des personnes directement affectées. L’inquiétant est que ces opérations financières sont d’une ampleur toujours plus grande. »
Dans un encadré à son article, « Vila Mimosa, le bordel éternel », Nicolas Bourcier revient sur la « folle rumeur qui court depuis la nuit des temps ». La destruction du plus grand quartier de la prostitution de Rio de Janeiro. Ce lieu d’argent « populaire » où 3 500 prostituées négocient la « passe » de 30 à 50 reals selon le « programme », et dont le chiffre d’affaires mensuel avoisine le million de reals.
On retrouve toutes ces choses-là ─ spéculation immobilière, expulsion de citoyens, corruption, réseau d’intrications économico-politiques… ─ dans le roman le plus riche de l’écrivain espagnol Manuel Vàsquez Montalbàn, Hors jeu (4). À partir d’une intrigue policière haletante, sous le regard de Pepe Carvalho son détective improbable (5) chargé d’assurer la protection rapprochée d’un avant-centre anglais Jack Mortimer, soulier d’or recruté par le Barça, on découvre un contre-portrait saisissant de la nouvelle Barcelone à l’aube des JO de 1992.
Toujours sur cette question du développement durable, du Mondial de football 2014 et des JO de Rio 2016, ami(e)s internautes curieux et curieuses, je vous recommande la lecture d’un article paru sur le site Les cahiers du football, le magazine de foot et d’eau fraîche : « Des Indiens sous le Maracanã ». Cet article de l’anthropologue Florent Dupeu, « Des Indiens sous le Maracanã », je le vois comme une sorte d’une-deux avec le reportage de Nicolas Boursier « Le stade de la démolition ». Un une-deux au regard empathique, profond, documenté ; il nous permet de découvrir un mouvement de résistance des Amérindiens pour faire reconnaître leur identité propre et leurs droits en tant que peuple ─ dans et hors du football.
Ce qui amène à un constat. Le développement durable transcende les simples échanges commerciaux régis par des pactes, lois et normes internationales et nationales. Et toutes les belles déclarations qui s’affichent via la communication, par exemple : les rapports d’activité annuels.
Autant le dire sans détour. La tâche est immense pour faire vraiment du développement durable. Et pour que ça change vraiment ─ la balle est plus que jamais dans le camp du citoyen.
Notes
1. Sylvie Brunel, LE DÉVELOPPEMENT DURABLE, Collection Encyclopédique
Que sais-je ?, Quatrième édition mise à jour, 21e mille, page 6, Éditions Presses Universitaires de France, septembre 2010.
2. Le stade de la démolition, Mondial 2014, JO 2016, Nicolas Bourcier, Rio de Janeiro (Brésil), Cahier du « Monde », N° 20918 daté Samedi 21 avril 2012, page 4 et 5.
3. Urbaniste et rapporteuse spéciale des Nations unies sur le droit à un logement convenable. Auteure en 2010 d’un rapport sur les violations des droits de l’homme survenues dans les communautés.
4. Manuel Vàsquez Montalbàn, Hors jeu, Collection 10-18 « Grands détectives » dirigé par Jean-Claude Zylberstein, Christian Bourgeois éditeur, Paris, 1991.
Le titre original du roman est El delantero centro fue asesinado al atardecer, il a paru en 1988.
5. Héros sous influence, Pepe Carvalho est un détective anarchiste. Amateur de bonne cuisine, il vit avec une pute Charo, a pour assistant un dénommé Biscuter et pour indic préféré un certain Bromure. Dans ses moments de mélancolie, Pepe Carvalho brûle des livres, ceux qu'il aime le plus. Il a une ironie propre « à lutter contre l’obscénité du monde » et à traquer les vieux démons de l’Espagne après-franquiste.
DES INDIENS SOUS LE MARCAÑA
Des Indiens sous le Maracanã | Florent Dupeu
Les Cahiers du football | www.cahiersdufootball.net | 07 mai 2012
Dans un Brésil qui les a souvent réduits à des stéréotypes, les Amérindiens s'emparent du football pour soutenir leurs revendications identitaires.
L'auteur prépare un projet de recherches pour une thèse d'anthropologie sur le football et les jeux traditionnels d'un groupe amérindien au Brésil.
DES ENGINS DE CHANTIER, DES OUVRIERS QUI S’AFFAIRENT, des bruits métalliques bien différents des chants et de la clameur qui accompagnent habituellement les matches de football : le Maracanã vit une nouvelle rénovation. Le 13 juillet 2014, le « cœur du Brésil » (Leite Lopes, 1998) initiera une pulsation commune qui parcourra toute la planète lors de la finale de la Coupe de monde. La quasi-unanimité des regards se tournera vers le Brésil, Rio de Janeiro et cet anneau mythique, dont les 150.000 places ont été progressivement abandonnées pour offrir un confort plus adapté aux spectateurs consommateurs que le football capte désormais.
Maracanã, temple du football brésilien…
Sa construction pour la Coupe du monde de 1950 matérialisait un mouvement spécifique à la société brésilienne. Les acteurs de la presse et de la politique sportive encourageaient en effet la professionnalisation et la démocratisation du football, avec en corollaire l’intégration des populations noires et pauvres. Édifice public de la ville de Rio, le Maracanã fut conçu comme un monument de célébration de la nation, et participa effectivement à la formation d’une identité brésilienne, trouvant l’un de ses mythes fondateurs dans la défaite face à l’Uruguay en finale, vécue comme un drame national (1).
À l’initiative d’intellectuels brésiliens et depuis les années trente, la nation brésilienne est envisagée comme un tout, culturellement et biologiquement homogène, qu’exalterait la figure du métis, mélange des cultures amérindienne, européenne et africaine. Dans un processus d’assimilation d’éléments des cultures minoritaires, la société brésilienne se construit une figure mythique, le malandro dont certains footballeurs (Didi, Garrincha, et plus tard Romario ou Ronaldinho) ont pu représenter l’incarnation. Le joueur brésilien se différencie ainsi de son alter-ego anglo-saxon par son intelligence, sa ruse, et l’apparence donnée que sa créativité se fait sans effort, fruit du jogo da cintura (2). L’invention d’un style de jeu brésilien particulier s’intègre ainsi directement à la construction d’une identité nationale. Le football, et les caractéristiques locales qu’il a revêtues au Brésil s’affirmeront donc comme des traits culturels spécifiques d’un ethos (3) brésilien fondé sur le métissage des pratiques, et les apports culturels des différentes populations qui composent le pays.
… et village indien
Plus que partout ailleurs, le football revêt donc une dimension patrimoniale au Brésil. Patrimoine immatériel en tant que partage d’une technique corporelle qui en vient à être naturalisée, mais patrimoine matériel aussi, par extension, avec une forme de consécration des lieux dédiés au football. En effet, outre sa fonction de carte postale et de lieu de pèlerinage pour des amateurs de football venus du monde entier, le Maracanã reste un lieu symbolique de ce qu’a été la constitution d’une identité nationale brésilienne. Mais cet espace central du quartier São Cristovão, où se trouve le stade offre aussi l’image d’une lutte pour la définition de ce patrimoine commun, avec la présence d’un centre culturel indigène qui fait débat.
Face à la porte 13 du stade, de l’autre côté de la Rua Mata Machado, se dresse l’ancien Musée des Indiens, une bâtisse néocoloniale proche de la ruine, et dans laquelle des Indiens de Rio de Janeiro ont établi un centre culturel. Depuis 2006 y vivent entre autres des Amérindiens des peuples guajajara, tukano, pataxo, fulni-o ou apurinã, au sein de l’aldeia maracanã. Il s’agit d’un lieu important d’échanges et de réunion, et qui offrira une médiatisation de leurs cultures et peut être des recettes touristiques durant la Coupe du monde. Les autorités de la ville de Rio de Janeiro souhaiteraient toutefois transformer cet espace en un centre commercial ou en un annexe du secrétariat au Sport, suscitant la crainte des habitants de rejoindre la liste des expulsés pour les besoins du Mondial et des Jeux Olympiques (4).
L’aldeia Maracanã apparaît comme un lieu symbolique de la lutte pour la reconnaissance que mènent actuellement les Indiens du Brésil. Leur volonté est de s’inscrire dans l’événement mondial que représente la Coupe du monde de football, mais pas seulement en tant qu’altérité que l’on trouverait à la marge, au cours d’une cérémonie d’ouverture qui vanterait le métissage et l’exotisme, ou d’un séjour touristique alliant football et découverte de l’Amazonie à Manaus. Les revendications des Indiens s’affirment au présent, en ville comme en forêt, et s’inscrivent dans un mouvement indigéniste dans lequel le football tient une place particulière.
Un professionnel presque comme les autres
Le football cristallise sans doute le rapport spécifique de la société brésilienne avec sa composante indigène. Depuis les années cinquante, la représentation indienne dans le football professionnel s'évalue à la présence sporadique du surnom Indio pour désigner quelques joueurs, en raison d’un morphotype laissant supposer leurs origines indiennes. Le destin de l’un d’entre eux, José Satiro Do Nascimento est exemplaire. Ce défenseur latéral est né en 1979 dans la communauté indigène Xucuru-Kairiri de Palmeira dos Indios, dans l’Etat d’Alagoas. Ancien joueur des Corinthians de São Paulo, il fut le premier joueur amérindien à être champion du Brésil, mais fut surtout médiatisé en raison de plaintes qu’il émit à l’encontre de son ancien club, qui ne le payait que 1.500 reais par mois entre 1998 et 2000 (5). Il semble ainsi avoir subi un traitement contractuel qui reflète ce que de nombreux clubs européens pratiquent à l’égard de jeunes footballeurs issus de pays pauvres.
La situation du joueur Indien se rapproche de cette altérité sportive, dont il est facile de tirer profit, en raison de ses conditions de vie initiales précaires et de sa maigre connaissance des règles qui régissent les contrats et l’organisation d’une carrière. Les commentaires journalistiques qui accompagnent la trajectoire de Satiro Do Nascimento dénotent aussi les préjugés associés au footballeur indien. Il fut longtemps considéré comme un joueur inconsistant, incapable de tenir un poste – des limites qu’il était tentant d’associer à ses origines. Ces qualificatifs sont d’ailleurs récurrents lorsque l’on fait référence au football des Indiens. Le caractère fantasque de Garrincha et sa déchéance ont aussi été mis en relation avec une ascendance indienne. "Jouer à l’Indienne" signifie que l’on ne songe qu’à attaquer, sans se préoccuper des tâches défensives, les Indiens étant considérés comme de piètres compétiteurs – ce qui renvoie inévitablement au statut d’enfant ou d’orphelins qui leur a été longtemps assignés par l’État brésilien.
Vers un football indigène
S'opposant à cet idéal d’un univers ludique primitif dont les Indiens ne pourraient se défaire, les organisations indigènes présentent une volonté manifeste de structurer leur football. De nombreuses compétitions sont organisées dans les États d’Amazonie, et conjointement à l’institutionnalisation des différents groupes indigènes, se réalise aussi celle de leurs équipes. En 2008, la première équipe professionnelle indienne du Brésil a été créée, le Gavião Kyikatejê Futebol Clube, qui évolue en seconde division du Para. Cette équipe de la ville de Bom Jesus de Tocantins s’organise essentiellement autour des habitants de la communauté de Kyikatejê et est entrainée par un cacique de la localité, Zeca Gavião qui est aussi le premier entraîneur indien à officier dans le championnat professionnel brésilien. Une sélection nationale indigène a également été mise sur pied, et l’organisation d’une Coupe du monde indigène est toujours à l’étude. Elle regrouperait les populations originelles de vingt-quatre pays différents (6), et participerait à la valorisation d’un mouvement indigéniste panaméricain, voire mondial.
Sur un mode plus folklorique, on assiste à la création de catégories indigènes dans des tournois d’ampleur plus générale. Le Peladão de Manaus, qui se déroule tous les ans entre juillet et décembre, et se présente comme le plus grand tournoi amateur du monde, avec pour objectif de valoriser la pratique informelle du football, a ainsi mis en place – à l’initiative d’organisations amérindiennes et d’universitaires – une catégorie indigène qui regroupe les Indiens urbains présents dans la capitale de l’État d’Amazonas. Comme le veut la tradition du tournoi, la compétition de football s’organise conjointement à l’élection d’une reine de beauté, pour laquelle les participantes indiennes porteront peintures et parures de plumes.
Les jeux des peuples indigènes, organisés tous les deux ans, sous l’égide de la Fondation nationale de L’Indien (FUNAI) donnent aussi lieu à des compétitions de jeux traditionnels (7) et de sports modernes, parmi lesquels le football tient une place importante, en mettant aux prises différents groupes indigènes. Les exemples pourraient être multipliés tant la passion pour le football est présente chez les Amérindiens du Brésil.
Revendications identitaires
Par leur pratique massive du football et leur volonté de l’institutionnaliser, les Amérindiens s’inscrivent dans le projet national. Le mouvement de structuration des équipes, qui passe par l’organisation de compétitions et des entraînements, traduit l'adoption d'un habitus brésilien, dont des techniques du corps liées au football apparaissent en saillance. Partageant les valeurs du sport, les populations indigènes sont touchées aussi par le processus d’euphémisation de la violence et de pacification des mœurs qu’a pu mettre en avant Norbert Elias (8), le sport pouvant être compris comme une forme d’affrontement ritualisé qui met en scène l’opposition de groupes culturels ou imaginés distincts.
Le football met en perspective l’un des points de friction entre la société brésilienne et sa composante indigène. Figures de l’altérité en raison d’un statut spécifique et de revendications territoriales propres, les Indiens restent trop souvent cantonnés dans un imaginaire du "bon sauvage" rousseauiste, vivant en forêt coupé des réalités modernes. Il peut dès lors devenir difficile de définir un univers dans lequel cohabitent des spécificités culturelles indigènes et d’autres pratiques résolument modernes et partagées par la société nationale. On peut ainsi identifier deux mouvements apparemment contradictoires mais concomitants, avec d’un côté l’assignation par les tenants de l’orthodoxie footballistique d’un style propre aux joueurs indiens, et de l’autre, l’idée de l’acculturation des Indiens et une remise en cause de leur indianité en raison de pratiques qui sont vécues comme spécifiquement occidentales. Le phénomène est d’autant plus visible dans le traitement réservé aux Indiens vivant en ville qui se voit destituer de leur statut d’Indien, par l’adoption de pratiques alimentaires ou culturelles urbaines.
Renversant cette vision réductrice du football en tant que témoin d’une acculturation supposée qui toucherait les populations indigènes, le football fait partie des instruments rendus disponibles par la globalisation, que les Indiens vont s’approprier et tenter de structurer, s’offrant de la sorte une visibilité politique, et contribuant à satisfaire leurs revendications identitaires et territoriales...
Florent Dupeu
Notes
1. Après avoir largement dominé tous les adversaires dans un tournoi qui se jouait sans finale, il suffisait au Brésil d’obtenir un match nul lors de la dernière rencontre face à l’Uruguay pour remporter la compétition, mais la Céleste l’emporta deux buts à un.
2. Pour Roberto Da Matta, il s’agit d’une capacité à "esquiver l’adversaire au lieu de l’affronter directement", une valeur plébiscitée dans la société brésilienne, et que la Capoeira a érigé en contraintes de jeu.
3. Selon Geertz, "l’ethos d’un peuple est le ton, le caractère et la qualité de vie, son style moral et esthétique et sa disposition". (1989 :143)
4. Depuis l’obtention de la Coupe du monde par le Brésil, plusieurs milliers de logements ont déjà été vidés. Comme à chaque Coupe du monde, les populations pauvres du centre des villes hôtes sont évacuées afin de remplacer leurs habitations par des centres commerciaux, des parkings, et des projets immobiliers. Le gouvernement brésilien a mis en place un chèque loyer de 300 réais pendant trente mois pour permettre aux dizaines de milliers de personnes qui seront expulsées de se reloger. Les premiers concernés sont les habitants des favelas, qui face aux loyers exorbitants des centres villes n’ont d’autres choix que de vivre dans des zones inondables, courant le risque de glissements de terrain, ou de partir dans les zones périurbaines à 40 ou 50 kilomètres de leur lieu de travail.
5. Le salaire minimum brésilien est de l’ordre de 500 réais par mois et les footballeurs brésiliens gagnent en général beaucoup plus.
6. Brésil, Paraguay, Bolivie, Venezuela, Argentine, Pérou, Chili, Uruguay, Colombie, Équateur, Guyane française, Canada, États-Unis, Mexique, Australie, Nouvelle-Zélande, Costa Rica, Norvège, Nouvelle Guinée, Panama, Honduras, Guatemala, Nicaragua, Caribe.
7. Sont ainsi présentés des compétitions de canoë, de lutte, de corrida de tora, ou d’arcs et flèches, entre autres.
8. Voir Elias Norbert, Dunning Eric, 1994, Sport et civilisation, la violence maîtrisée, Paris, Fayard.
Pour en savoir plus sur la lutte et les revendications des Amérindiens
Vous pouvez consulter le site brésilien de l'INSTITUTO ZEQUINA BARRETO
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