« Juliette : Travailler plus tue »
Par Pierre-Antoine GARCIA le mercredi 18 janvier 2012, 16:57 - QSE - Lien permanent
SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL
C'est assez rare pour le signaler et le relayer. Suite à la mort d'« une cadre de Tati victime de la souffrance au travail », une artiste prend position.
Juliette, rédactrice d'un jour du quotidien l'Humanité du mardi 17 janvier 2012, signe un éditorial où elle dénonce avec des mots crus ce qui conduit au suicide au travail et les faux-semblant qui l'entourent.
l'Humanité
Éditorial | Publié le mardi 17 janvier 2012 | Édition papier
JULIETTE : « TRAVAILLER PLUS TUE »
ON SE TUE AU TRAVAIL. AU SENS PROPRE.
Au sens propre. Lassé de n’être rien qu’un pion interchangeable, méprisé ou maltraité
par les pions d’au-dessus tout
autant interchangeables, faute d’avoir
une identité forte de sa profession
(employé, c’est quoi comme métier ?)
quand les compétences ne sont pas exploitées, que, pour une raison
ou une autre, on se retrouve placardisé, blacklisté, que l’estime de soi descend
dans les chaussettes, alors le travail
donne envie de mourir…
Une fois l’employé défenestré ou pendu,
on viendra expliquer les problèmes personnels, la vie privée, la dépression
qui n’a rien à voir, non, non, non,
avec les conditions de boulot…
Le policier flingué avec son arme
de service venait de se faire larguer
par sa femme, l’employée fidèle et sérieuse,
et ses vingt-cinq ans de boîte, avait
un petit coup de mou, dû à la dépression… saisonnière, bien sûr !
En tout cas, ce n’est jamais la faute
de cette joyeuse ambiance, trop souvent faite aujourd’hui de compétition acharnée, de dépersonnalisation des responsabilités, de « new management » à base trop souvent d’humiliations censées booster les troupes, de menaces de chômage et de stagnation professionnelle…
À quand la mention obligatoire
au bas des feuilles de paye :
« Travailler tue » ?
Juliette
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