Et pendant ce temps… la démolition des services de santé de proximité se poursuit en catimini !
Par Pierre-Antoine GARCIA le mardi 22 mars 2011, 13:16 - Communication - Lien permanent
LA RÉFORME DE LA BIOLOGIE MÉDICALE VA CREUSER LES INÉGALITÉS SOCIALES DE SANTÉ
À la suite d’un courriel d’un ami élu du conseil municipal de Val-de-Reuil, je relaie, ici, une information du réseau de la Ligue des Droits de l’Homme sur la réforme française de la biologie médicale qui touche les laboratoires de proximité.
EN CATIMINI, PAR VOIE D'ORDONNANCE, cette réforme est sur les rails. Si elle se fait, elle va creuser un peu plus les inégalités sociales de santé. C’est un fait : nous vivons dans un monde agité de turbulences. Crise mondiale financière, révolutions en Afrique du Nord, tsunami et accident technologique au Japon… Tous ces évènements qui méritent empathie, compassion et soutien aux populations concernées (touchées) masquent ce qui se passe chez nous.
Après les chantiers de la démolition sociale lancés il y a bientôt dix ans. Après la réforme (une de plus !) des retraites où se glisse une capitalisation furtive sous la forme d’un doux conseil « Souscrivez une assurance-vie et devenez propriétaire ». Après la purge à l’hôpital où au nom de la révision générale des politiques publiques on sabre dans les effectifs : 10 000 postes supprimés en 2009. C’est maintenant le tour de la réforme de la biologie médicale.
En ce moment, à coup d’ordonnance et en silence, ceux qui nous gouvernent démolissent les services de santé de proximité. Alors même que déjà 4 Français sur 10 doivent reporter des soins. Si la réforme s’applique, les petits laboratoires de proximité vont disparaître creusant un peu plus les inégalités sociales de santé.
Ce qui aura une conséquence directe, pour nous, les 60 000 habitants de la Communauté d’Agglomération Seine-Eure (Case) ─ la fermeture des laboratoires de biologie médicale de Louviers et de Val-de-Reuil. Et pour faire une prise de sang, il faudra, dans le meilleur des cas, nous rendre à Évreux (à 25 ou 30 km en moyenne de nos lieux d’habitation). Avec à la clé des délais de rendez-vous et d’attente des résultats d'analyses plus longs, un coût de déplacement plus cher, plus de pollution de l’air due aux déplacements…
Ironie de l’histoire, cette réforme prend sa source dans la directive 2005/36/CE du Parlement européen et Conseil du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles.
En introduction, cette directive dit ceci : « À la suite du Conseil européen de Lisbonne des 23 et 24 mars 2000, la Commission a adopté une communication concernant « Une stratégie pour le marché intérieur des services », qui a pour objectif, en particulier, de rendre la libre prestation de services à l'intérieur de la Communauté aussi facile qu'à l'intérieur d'un même État membre. À la suite de la communication de la Commission intitulée «De nouveaux marchés européens du travail ouverts et accessibles à tous», le Conseil européen de Stockholm des 23 et 24 mars 2001 a donné mandat à la Commission de présenter au Conseil européen du printemps 2002 des propositions spécifiques pour un régime plus uniforme, plus transparent et plus souple de reconnaissance des qualifications. »
Et ceux qui ont de la mémoire se souviendront que se sont M.M. Jacques Chirac et Lionel Jospin (nous étions en cohabitation – 1997/2002) qui ont avalisé ces dispositions pour la France.
Alors faites tourner cette information et agissez ! C’est notre devoir de citoyen.
Message de la Ligue des Droits de l’Homme | À diffuser largement
La réforme des laboratoires de biologie médicale
FINI LA PROXIMITÉ ET LE CONTACT PERSONNALISÉ !
Bonjour à tous,
Notre ministre Mme Bachelot a validé l'ordonnance Ballereau du 15.01.2010 ; les conséquences sont catastrophiques...
Au plus tôt en 2013 et au + tard en 2016, les laboratoires d'analyses médicales de proximité, VOTRE laboratoire et tous les autres auront probablement DISPARU au profit d'USINES à analyses (une par département pour les départements qui le "méritent"; pour les départements les + ruraux il faudra faire un peu + de route...).
Pourquoi ? Et bien en vertu d'une ordonnance parue en 2010 qui livre le "marché" de l'analyse médicale aux FINANCIERS du CAC 40...
Parmi ces groupes financiers qui ont déjà largement entamé les rachats massifs de labos, figurent des assurances de santé privées, peut-être la votre, qui auront ainsi accès à vos données médicales et pourront "personnaliser" vos factures...
Il y a une solution pour s'opposer à ce scandale : FAIRE CIRCULER massivement et SIGNER cette pétition : 50 000 signatures à ce jour ; c'est peu dans l'absolu mais au vu de la discrétion de cette ordonnance, c'est beaucoup !
C'est parce que très peu de gens sont au courant que cette réforme peut passer; il faut donc la RÉVÉLER au grand jour : DIFFUSEZ CE MESSAGE, DIFFUSEZ LE LIEN DE LA PÉTITION (http://www.touchepasamonlabo.com/php/index.php), SIGNEZ ET FAITES SIGNER !!!
La dernière de Roselyne !
Il faut que je vous raconte la dernière de Roselyne, et je compte sur vous pour faire passer !
Aujourd'hui, j'avais formation obligatoire sur les prélèvements (sanguins et autres). Le directeur du principal labo avec lequel notre hôpital travaille nous apprend (tenez-vous bien !) que nous, les infirmières, n'avons plus le droit de faire les prises de sang.
D'après la dernière ordonnance de notre chère ministre de la santé (donc, pas de passage devant députés et sénateurs !), les laboratoires, pour subsister, devront passer une certification assez contraignante et compliquée, et pour ce faire, doivent, entre-autres, se porter garants du préleveur (c'est-à-dire, nous, en l'occurrence !).
Conséquence immédiate : les infirmières ne seront autorisées à prélever que si elles ont été formées et agréées par le labo dans lequel le prélèvement est analysé ! Exit, donc, les infirmières intérimaires ou remplaçantes...
Seconde conséquence, et non des moindres : les prélèvements à domicile seront désormais interdits !
Les patients devront donc se rendre au laboratoire par leurs propres moyens, quel que soit leur état, ou bien se faire hospitaliser !
Troisième conséquence : les laboratoires étant tenus de s'équiper de machines hyper-performantes, avec le moins de personnel possible, (ah oui, parce que j'ai oublié de vous préciser que l'État a décidé de diminuer fortement le remboursement des examens sanguins aux laboratoires !) pour pouvoir continuer à fonctionner, ils vont devoir se regrouper (but final avoué : 1 à 2 labos seulement par département !!!).
Bref, les hôpitaux de taille moyenne qui possèdent leur propre labo vont le fermer (c'est déjà fait à Paoli-Calmette, par exemple, Cavaillon et Orange vont suivre) et il faudra donc se déplacer vers un grand plateau technique pour faire les examens qui ne sont pas hyper-courants.
Comme ces grands plateaux techniques seront les seuls à accueillir une grande partie des examens à réaliser, nous n'aurons les résultats qu'au bout de plusieurs jours (et mieux vaut ne pas en avoir besoin un vendredi après-midi !).
Enfin, cerise sur le gâteau : en toute discrétion, il a été décidé que désormais le directeur d'un labo n'a plus besoin d'être biologiste ! La Générale de Santé, ainsi que d'autres grands groupes financiers sont donc en train de racheter tous les labos de France et de Navarre et il devient donc impossible à un médecin biologiste de posséder son propre labo...
Voilà, je ne peux vous conseiller qu'une seule chose : surtout, ne tombez pas malade ! Et si toutefois cela vous arrivait malgré tout, déménagez aussitôt vers une grande ville, seul moyen d'ici très peu de temps de pouvoir être soigné dans des conditions acceptables !
P.S. : Je viens d'entendre aux infos que le gouvernement envisage sérieusement de réduire les cotations des examens radiologiques : ça ne vous rappelle pas quelque chose ???
Nous avions le meilleur système de santé au monde, mais c'était avant que le gouvernement Sarkozy n'arrive au pouvoir !
Encore un grand merci à tout ceux qui ont voté pour lui !!!
Une infirmière démoralisée et dégoûtée.
Bonjour,
Emma a fait suivre l'info à une copine biologiste, voici sa réponse : étant biologiste directrice d'un petit labo (3 personnes) de proximité, je confirme cette info. L'ordonnance est passée en janvier 2010 et nous avons jusqu'en 2013 pour nous mettre aux nouvelles normes. Ce qui est totalement impossible pour les petits et moyens labos vu le coût car bien évidemment tout cela n'est pas gratuit. Donc pour ma part, étant trop petite, je suis condamnée à disparaître !!! A 54 ans c'est un peu dur à avaler !!!
Quant aux regroupements de labos c'est un pis-aller, pour faire face aux structures financières qui attendent (comme pour les cliniques) de racheter et rentabiliser au maximum aux dépens de la relation avec les patients. Des labos traitant plus de 1 000 dossiers/jour ne peuvent être à l'écoute de la personne. Et effectivement à terme il n'y aura plus que 1 ou 2 labos par département y compris pour les labos des petits hôpitaux.
Ceci est le système américain, allemand, et autres pays européens.
Voilà donc l'avenir de la santé vendue aux grands groupes financiers.
Vous trouverez ci-dessous l'ordonnance qui est en cause dans le texte ci-dessous.
N'hésitez pas à la faire circuler le plus possible.
Pour en savoir plus sur cette réforme de la biologie médicale
L'ordonnance n° 2010-49 du 13 janvier 2010 relative à la biologie médicale
Rapport au Président de la République relatif à l'ordonnance n° 2010-49 du 13 janvier 2010 relative à la biologie médicale
Projet de loi ratifiant l’ordonnance n° 2010-49 du 13 janvier 2010 relative à la biologie médicale - Étude d’impact - Avril 2010
Conseil des ministres (extrait) Biologie médicale
DIRECTIVE 2005/36/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles (Texte présentant de l'intérêt pour l'EEE)
L'article du quotidien SUD-OUEST sur la réforme : Laboratoire de Bourg : mort sur ordonnance
Et un site Internet à consulter impérativement pour tout ce qui touche à la réforme hospitalière celui du : Mouvement de défense de l’hôpital public, un collectif de médecins, soignants, personnels hospitaliers, patients, pour la sauvegarde d’un service public hospitalier de qualité.

Commentaires
Bonjour Pierre Antoine,
Merci pour cet article trés complet avec témoignage.
Je savais que la réforme hospitalière était en route mais là...je suis sans voix!!!
Nous sommes en 2011 et voilà le résultat de politiques d'inconscients qui nous racontent tout et son contraire au détriment du citoyen lamda...
Ce n'est pas étonnant que l'électeur ne va plus voter!!! Nous avons bien vu le résultat dimanche!!!
Et ces "braves élus" se posent des questions??? Qu'ils remplissent leurs missions pour lesquels ils ont été élus...mais pour construire l'avenir et non le détruire...dans notre dos.
Mon inquiétude: que va t'il rester à nos enfants, petits enfants???
Bien amicalement, Dominique
Et oui Dominique, la vie de la cité réserve bien des surprises au citoyen qui pour diverses raisons suit de très loin la "chose" politique.
Ce qui est sûr, c'est que dans cette affaire il y aura peu de gagnants et beaucoup de perdants. À moins que la circulation de l'info fasse son œuvre.
@ + Pierre-Antoine
Hello !
Tout n'est certainement pas tout rose dans la réforme en cours d'application mais ton "billet" Pierre-Antoine est particulièrement orienté et frise la désinformation par endroit...
Un certain nombre de choses y sont affirmées venant directement de la corporation des biologistes propriétaires de leur slabos et jaloux de leurs intérêts financiers (biologistes : 5ème meilleur revenu des professions libérales).
Ex :
- Ce qui est recherché ce n'est pas la fermeture des petits labos (jusqu'à présent le petit labo "boite aux lettres était interdit ; pas assez rentable pour le biologiste ?) mais l'effet d'échelle pour la réalisation des analyses elles-mêmes. Les petits labos vont pouvoir maintenant n'être que des points de prélèvement et de pré-analytique, avec envoi des prélèvements vers des "grossistes" de l'analytique effectivement (regroupement des mêmes biologistes d'ailleurs dans la plupart des départements.
- Citations : (1) "les infirmières, n'avons plus le droit de faire les prises de sang" et (2) "les laboratoires, pour subsister, devront passer une certification assez contraignante et compliquée, et pour ce faire, doivent, entre-autres, se porter garants du préleveur".
(1) est tout simplement faux ! Mais effectivement le prélèvement et le processus dit "préanalytique" font partie de l'ensemble du processus de production des résultats d'analyses biologiques, lequel devra satisfaire un certains nombre de critères de qualité validés par une accréditation.
Par exemple si une infirmière fat un prélèvement à domicile en début de matinée, transporte les tubes dans sa voiture toute la matinée et les livre à un labo en fin de matinée... c'est sûr ces tubes ne sont pas vraiment "technicables" (suivant les analyses prescrites) par le labo selon les critères pertients des résultats attendus (cf audit de crtification couvrant toute la chaîne des opérations aboutissant à une analyse biologique de qualité.
Pour contester telles (nouvelles) dispositions réglementaires il au moins être capable de les identifier précisément puis argumenter leur critique, ce que en fait pas ton billet Pierre-Antoine.
Bye.