Rencontres_Sociales_09032011.jpgDans le premier article, la journaliste Sylvaine Frézel présente ces Rencontres sociales entre luttes et espoirs. Avec pour cette 9ème édition un programme qui mêle théâtre, musique, cinéma et débats de société. Car comme le dit l’association Marche et Rêve qui organise ce festival pas comme les autres : « Partager, Découvrir, c’est Grandir… »

Dans le second article, Sylvaine Frézel s’entretient avec l’écrivain et cinéaste engagé Gérard Mordillat qui est le parrain de ces Rencontres sociales 2011. Comme Gérard Mordillat est l’un des écrivains français cher à mon cœur et qu’il plonge sa plume dans la vraie vie. Celle de tous les jours et des ouvriers, celle du travail en pointillé et du travail en miettes, celle de ceux qui vont au chagrin pour gagner durement leur croûte. Voici le reportage complet du court entretien entre Sylvaine Frézel et Gérard Mordillat.

Avertissement
Tous les liens vers les auteurs, livres, illustration et vidéo sont l’œuvre d’ACQUALIN, le blog de la Qualité. La photo de Gérard Mordillat recadrée et insérée dans l’article est une copie venant du site Internet Google Images. Si son auteur le demande, la photo sera retirée.



GÉRARD MORDILLAT : « RÉFLÉCHIR DE FAÇON COLLECTIVE »

VIVA
Entre nous la vie
Le Journal de ma Mutuelle | Version papier
N° 263 | mars 2011 | Rubrique Ma mutuelle
www.viva.presse.fr

GÉRARD MORDILLAT EST LE PARRAIN des Rencontres sociales 2011. Écrivain et cinéaste engagé, il vient de publier Rouge dans la brume (Calmann-Lévy), dernier volet de sa grande fresque sociale commencée avec Les Vivants et les Morts (dont il a réalisé l’adaptation pour France 2) et poursuivie avec Notre part des ténèbres.

Gerard_Mordillat_2_09032011.jpgPourquoi, à votre avis, les romans ou les films ont-ils rarement pour cadre le monde ouvrier ?

Parce que la France se voit comme un pays de petits-bourgeois ! Au cinéma, à la télévision, dans la littérature, les héros sont avocat, médecin, prof, cadre, rarement ouvrier ou employé. Parmi les auteurs de ma génération, on trouve encore des gens qui ont grandi dans un milieu populaire ou qui ont travaillé, comme ouvrier. Ce n’est quasiment plus le cas, dans les générations suivantes. Mais cette négation du peuple vient de très loin. Quand on lit les écrits de Flaubert ou des Goncourt sur la Commune de Paris, on mesure à quel point ils méprisaient le peuple, considéré comme inculte. Le monde du travail, le réel, est absent de la fiction française.

Dans votre documentaire La Voix de son maître, présenté au festival, douze patrons s’expriment. Ce film a une trentaine d’années. Qu’est-ce qui a changé ?

Au moment du tournage, en 1977, toutes les entreprises avaient un directeur du personnel. À la sortie du film l’année suivante, il avait été remplacé par un directeur des ressources humaines. Aujourd’hui, les salariés ne sont même plus une ressource à gérer, mais une « variable d’ajustement ». En 1977, la part de l’actionnariat n’était pas aussi importante, l’ambition industrielle était mise en avant, les patrons dirigeaient vraiment leurs entreprises – d’ailleurs, à l’époque, on parlait aussi d’autogestion. Aujourd’hui, les actionnaires ont pris le pouvoir dans l’entreprise et les objectifs sont purement financiers. Des actionnaires qu’on ne voit jamais, qu’on ne connait pas.

Le discours patronal le laisse-t-il présager ?

La dernière phrase de Guy Brana, le Pdg de Thomson, évoque l’anonymat du capital. Il le considère comme « une force… » La lutte des classes s’exprime désormais dans ces termes : le salariat face à l’actionnariat. Pour changer les choses, le chantier est immense. Car le monde n’est pas immuable, contrairement à l’affirmation qu’il n’y a aucune alternative au marché. Les tenants du libéralisme me font penser aux savants convaincus que le Soleil tournait autour de la Terre. Dans les réunions autour de mes livres ou de mes films, je sens depuis quelques années comme un besoin de réfléchir de façon collective. Ces Rencontres sociales en sont l’occasion.

Propos recueillis par Sylvaine Frézel


Extrait de La Voix de son maître


est-ce qu'il est normal que l'actionnaire...? extrait de La Voix de son maitre


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