2,9 millions de mal-logés en France
Par Pierre-Antoine GARCIA le mardi 1 février 2011, 17:15 - QSE - Lien permanent
ENVIRONNEMENT ► SOCIAL
Dans le mensuel VIVA, Le Journal de ma Mutuelle, du mois de février, la journaliste Elsa Maudet brosse un portrait des Français sans domicile fixe, sans logement ou à la rue, ou avec des conditions de logement difficiles.
Où l’on retient que près d’un quart des Français se sentiraient menacés par le mal-logement alors même que la France compte 2,121 millions de logements vacants en 2010, selon l’Insee. Et, c’est une première, l’État français s’est vu condamné par le tribunal administratif de Paris pour non application de la loi Dalo (droit au logement opposable) qu’il a fait voter en mars 2007.
À noter aussi, selon l’étude de l’Ifop pour l’Observatoire du logement citée dans l’article d’Elsa Maudet, 47% des répondants à l’étude consacrent au moins 33% de leurs revenus mensuels à leur logement principal. Mais pour 25 % des Français, le budget alloué au logement équivaut au moins à la moitié de leurs revenus.
2,9 MILLIONS DE MAL-LOGÉS EN FRANCE
PRÈS DE 3 MILLIONS DE PERSONNES sont considérés comme mal logées en France, car vivant dans des habitations surpeuplées ou dénuées du confort le plus élémentaires. Voilà ce qui ressort du rapport sur le logement dans la seconde moitié des années 2000 publié par l’Insee le 6 janvier. L’institut indique également que
113 000 personnes sont sans domicile et que 117 000 vivent dans des chambres d’hôtel à leurs frais ou sont hébergées par des particuliers. Soit, au final, 3,2 millions de personnes n’ayant pas accès à « un logement satisfaisant ».
2,1 millions d’individus vivent en outre dans des habitations représentant un danger ou manquant d’équipements de base, comme le chauffage ou un système électrique aux normes. 85 000 personnes qualifient même leur logement d’« habitation de fortune », les trois quarts étant des constructions provisoires ou des mobile-homes. Un cinquième de ces logements n’a ni douche ni baignoire. À noter par ailleurs que, selon une étude de l’Ifop pour l’Observatoire du logement parue en décembre, 22 % des Français se sentent « menacés » par le mal-logement.
L’étude de l’Insee révèle également qu’un million de ménages à faibles ressources ont des difficultés à régler leurs dépenses de logement ou sont en situation d’impayés. Et plus de 100 000 ménages attendent un logement social depuis au moins trois ans, dont 41 000 dans l’agglomération parisienne. La loi Dalo (droit au logement opposable) de mars 2007 institue pourtant un droit à un logement décent garanti par l’État à tout individu n’étant pas en mesure d’y accéder par ses propres moyens. C’est, par exemple, le cas des personnes menacées d’expulsion sans relogement, habitant dans des locaux « impropres à l’habitation » ou en attente d’un Hlm depuis trop longtemps.
À ce titre, le tribunal administratif de Paris a réalisé une grande première, en décembre dernier : il a condamné l’État à indemniser deux familles reconnues prioritaires au titre du Dalo. Début 2009, un jugement avait imposé au préfet d’Île-de-France d’assurer le relogement de ces familles, qui avaient épuisé tous les recours légaux, mais la décision n’avait pas été honorée. Elles ont donc de nouveau saisi le tribunal administratif de Paris en demandant à être indemnisées du préjudice.
La situation des mal-logés est d’autant plus incompréhensible que la France compte 2,121 millions de logements vacants en 2010, selon l’Insee. Pour dénoncer ce déséquilibre, le collectif Jeudi noir a fait un nouveau coup médiatique, début janvier, en occupant un bâtiment de 2 500 mètres carrés qu’il dit inoccupé depuis 2006. Bâtiment situé à deux pas de l’Élysée.
Elsa Maudet.
VIVA Magazine (version papier), Le journal de ma mutuelle n° 262, février 2011.

Commentaires
Ah oui quand même... ça fait peur !
Hello Modo,
Le logement est un indicateur de ce qui travaille en profondeur la vie de la cité (ex. : du "mal-emploi" au mal-logement...). Difficile de rester personnellement aveugle, ça explique sans doute pourquoi 25 % d'entre-nous se sentiraient menacés par le mal-logement.
@ + Pierre-Antoine