Pars vite et reviens tard
Par Pierre-Antoine GARCIA le jeudi 21 octobre 2010, 16:46 - Culture - Lien permanent
CINÉMA ► FILMS NOIRS
Voilà un polar bien noir de Régis Wargnier à (re)voir toutes affaires cessantes, ce soir à 20h35 sur France 3.
En guise de teasing, voici ce que j'écrivais sur un forum Internet après voir vu Pars vite et reviens tard lors de sa sortie en salles.
Préambule. Comme amateur de romans noirs je devrais avoir lu Fred Vargas pourtant pour moi la découverte de son univers reste encore à faire. Ce qui implique que j’ai vu Pars vite et reviens tard sans aucun a priori (Petite précision. Depuis, c'est fait ! J'explore l'œuvre de Fred Vargas.).
CE FILM M'A LAISSÉ SUR LE CUL parce que c’est un vrai bijou de polar ! Nerveux. Sec. Remuant. La 1ère scène, la séparation du flic Adamsberg avec sa petite amie Camille donne le ton. On sait que quelque chose de mystérieux, d’étrange, de surprenant va se tramer : la tension est déjà là. Elle vire très vite à l’oppression et reste présente tout au long du récit d’une belle force inventive. Où la découverte de signes cabalistiques peints sur les portes d’immeubles de Paname mêle la découverte de cadavres aux corps noircis et aux visages figés de terreur. Où un insolite crieur public déclame des messages extraordinaires qui prédisent le retour de la peste avec son cortège de peurs irrationnelles. Le Moyen-Âge devient le nœud de l’intrigue. Les pistes sont brouillées ! Adamsberg, le cœur à l’envers est largué au sens propre et figuré même s’il flaire un lien entre les signes peints sur les portes et le retour du fléau, la peste. Surtout quand son adjoint Danglard est lui-même touché… Régis Wargnier s’en donne à cœur joie. En spéléologue des failles et des noirceurs de l’âme humaine il imbrique dans l’histoire paranoïa, paranormal, vengeance, blessures narcissiques de l’enfance, avidité face à l’argent…
Côté acteurs, José Garcia (Adamsberg), Olivier Gourmet (le crieur), Lucas Belvaux (1) (Danglard) et (le regretté) Michel Serrault (Decambrais) donnent épaisseur et profondeur à leur personnage. La mise en scène fait le reste. Mais l’acteur le plus insolite, le plus original, le plus déroutant ─ c’est Paris. C’est Paris et une image sombre et dense ; Paris avec ses ciels bas et cotonneux, le bitume et les trottoirs luisants de pluie, les lumières blafardes trouant la nuit, la pénombre inquiétante des passages entre immeubles bourgeois… Et Beaubourg et sa place où prédictions et mauvais sorts sont jetés en pâture aux spectateurs incrédules.
And last but no least, la musique du London Symphonic Orchestra participe à la tension énigmatique qui porte le film : elle s’est incrustée dans mes neurones.
1. Lucas Belvaux est belge et aussi réalisateur. En juillet 2006, son avant-dernier film sorti sur grand écran, La raison du plus faible traite des ravages du chômage. Il a eu un succès d’estime. Si vous avez l’occasion de le voir n’hésitez pas ! Il vaut le détour.

Commentaires
J'avais été le voir au ciné, j'avais également adoré. Un vrai bon film !
Content que tu repasses par ici Modo.
Si "Pars vite et reviens tard" t'a plu, peut être alors l'as-tu revu avec plaisir ?
@ + Pierre-Antoine