CIN’ÉTÉ à Val de Reuil, sous les étoiles exactement !
Par Pierre-Antoine GARCIA le dimanche 1 août 2010, 18:22 - Culture - Lien permanent
ART POPULAIRE ► CINÉMA DE PLEIN AIR
Ami(e)s internautes d’ici, de là-bas ou d’ailleurs c’est l’été ! Si le hasard guide vos pas en Haute-Normandie, à Val de Reuil, du 14 juillet au 15 août venez profiter des projections gratuites de nombreux films, à l’occasion de la 9ème édition de CIN’ÉTÉ.
PEUT ÊTRE QUE C’EST PAREIL CHEZ VOUS. À Val de Reuil, quand arrive l’été le cinéma sort des salles obscures pour faire sa fête sous les étoiles exactement ! Et offrir une évasion aux grands et petits qui ne peuvent pas partir en vacances. Pour la neuvième année de suite, la ville et l’association Sous le soleil exactement déroulent le tapis rouge du festival populaire CIN’ÉTÉ. Au programme trente-trois soirées et trente-trois films autour d’un thème surprenant, fabuleux, étrange « L’Impossible c’est de croire que ça l’est ! » Et ça vous pouvez me croire ça l’est… Possible ! Avec des films comme Looking for Eric, Trois zéros, Rasta rocket, Lascars, Cop land, The Full Monthy, Harvey Milk, Ratatouille, Fame, Cars (8 août), Douze hommes en colère (10 août)…
L’impossible c’est de croire que ça l’est vous dis-je. La preuve ? Les ateliers de réalisation de courts-métrages proposés, gratuits et ouverts à tous à partir de 8 ans. Et cerise sur le gâteau : ces courts-métrages, une fois montés avec leur bande-son, seront projetés le 12 août ! Mais d’autres surprises vous attendent…
Maintenant, je vais faire du teasing pour vous inciter à venir à pied, à cheval, à vélo, en péniche, en auto, sur les mains… Tous les chemins mènent à Val de Reuil !
D’abord, pointez-vous sur l’esplanade de la piscine quand le jour descend doucement. Vous y êtes accueillis comme un prince ou une princesse. Sous les sunlights, plaisir grisant et sensuel, vous foulez le tapis rouge ! Une fois dans la place, le Maître de cérémonie vous reçoit et vous présente le programme de la soirée. Et il vous invite à rejoindre le bar (la buvette) où la blonde et souriante Fatima et sa brigade vous propose, si l’Orient vous tente, un thé sucré à la menthe délicieux ou un robuste café boisson de la convivialité par excellence. Pour les enfants, il y a des jus de fruits, une boisson marron foncé avec bulles et qui fait pschittt… Tout en sirotant votre thé ou votre café, vous faites la causette avec des personnes que vous voyez pour la première fois. Vous vous découvrez de nouvelles relations parfois très inattendues… Peu à peu la nuit fait son lit. Il va être l’heure de rejoindre sa place.
Ça commence toujours comme un rituel. Entre chien et loup quand l’obscurité descend, la sono balance la chanson d’Anna Karina Sous le soleil exactement. Alors, micro en main et tirant sur son fil d’Ariane, sort de l’ombre Jean-Claude Bourbault (1). Le Maître de cérémonie au sourire canaille. Il s’empare de l’esplanade de la piscine. Il fait le show ! Il ambiance les spectateurs présents. Au moment du refrain, il va à gauche, il va à droite, il va ici ou là. Il tend le micro au jeune public chaud bouillant qui reprend en cœur : « sous le soleil, sous le soleil / Exactement juste en dessous. » Et ensemble ils concluent par un « whaaaou ! » tonitruant. Quand la dernière note de musique s’éteint dans les enceintes ─ monte un joyeux « Bonsoir ! » Et là, entre le Maître de cérémonie et le public, surtout les jeunes et les enfants, c’est le jeu du chat et de la souris.
Jean-Claude B. demande si quelqu’un connaît le film qui va être projeté ce soir. Sa question fait un flop, il relance « Est-ce que quelqu’un connaît le film qu’on va projeter ce soir ? » Toujours rien. Après un bref silence, il s’exclame « Incroyable, personne ne sait ! » et il continue « Tu vois Jérémy, tout le monde s’en fout ! » Il nous apostrophe et pousse le bouchon plus loin « Mais qu’est-ce que vous venez faire ici ? » Et se tournant vers la cabine de projection, il lance « Tu vois Jérémy, tout le monde s’en fout de tes fiches. Personne ne les lit. Tu te donnes du mal pour rien mon vieux. » Des rires, des hou ! hou ! hou ! fusent de l’assistance. Des mains se lèvent et agitent des doigts qui disent que non, on ne s’en fout pas. Alors il fouille dans les poches de son jean’s à la recherche de ses fiches « parce que dit-il, il a oublié de quoi parle le film. » On éclate de rire mais lui enchaîne « Bon, le film que vous allez voir ce soir… » Depuis, ce tango de la projection est devenu un gimmick où tout le monde joue son rôle à fond. Mais la tension monte d’un cran parce qu’arrive l’heure du jeu.
Il va y avoir du sport avec les questions sur le film de la veille. En jeu : cinquante chupa chups à gagner pour ceux qui l’ont vraiment vu et qui ont la bosse cinéphile. Entouré de deux assesseurs pour l’aider à détecter la première main qui se lève, le Maître de cérémonie s’amuse à ouvrir des fausses pistes. Il donne des explications tordues en forme de questions. On tombe dans le piège en riant. Et puis les bonnes questions arrivent. Dans le brouhaha et l’agitation, on crie des réponses. Les assesseurs s’égosillent : « Jean-Claude, là ! là ! C’est la fille en blanc à gauche, c’est la première. Jean-Claude, là-bas ! C’est lui ! Il sait. Tu vois, celui qui ressemble à un rappeur. » Mais le Maître de cérémonie, à la limite de la mauvaise foi, arbitre comme il le veut, lui, au prétexte que la règle du jeu c’est que tout se passe dans l’ordre et le calme. Vous croyez ça vous ? Les chupa chups finissent quand même par trouver preneurs. Et là, c’est le grand moment. Le compte-à-rebours.
Un peu comme un coureur de 100 mètres on est tous dans les blocks. La voix de Jean-Claude B. monte dans la nuit « Vous êtes prêts ? » Réponse. « Ouiiii ! » « Alors on y va… » Le chœur du public reprend « Cinq. Quatre. Trois. Deux. Un. Zéroooooo. » Le Maître de cérémonie ferme le ban : « Bon film à tous ! »
Les lumières s’éteignent. L'écran géant gonflable s'éclaire. Et on se laisse emporter par la magie du cinéma...
Un seul regret. Le 10 août, c’est la projection de Douze hommes en colère et je serais absent car en vacances dans ma Provence natale. Dommage !
Ah ! J'oubliais. Prenez une petite laine, par ici les soirées sont parfois fraîches.
1. Acteur, comédien et délégué général du festival populaire CIN’ÉTÉ de Val de Reuil.
Pour en savoir plus
Le site Internet de la ville de Val de Reuil

Commentaires
Bonjour !
J'ai beaucoup aimé votre article ! Je l’ai trouvé par hasard en faisant des recherches alors que je suis en train de travailler sur mon rapport de stage. En effet, cette année, pendant le cin'été, j'ai été stagiaire chez Sous Le Soleil Exactement. J'ai fais ce stage dans le cadre de mes études à Sciences Po Paris.
Me permettez vous, si jamais j'en ai besoin, d'utiliser votre article ou vos photos pour mon rapport ? Je vous citerais bien sur dans mes sources.
Merci d’avance !
Passez une bonne fin de journée,
Charline
Charline, merci pour votre passage par ici et pour vos commentaires. En tous cas, au jeu de "qui veut gagner des chupa chups" vous étiez un assesseur de Jean-Claude Bourbault au top (clin d'œil) ! J'espère que ce stage à Val de Reuil dans un cadre social, culturel et ludique a répondu à vos souhaits. Et que comme pour moi CIN'ÉTÉ c'était le pied !
Pour votre rapport de stage, si vous "sourcez" cet article vous pouvez en utiliser des extraits/photos. Val de Reuil et CIN'ÉTÉ méritent bien ça.
Au fait, quel genre d'études faites-vous à Sciences Po Paris ?
Si vous avez l'occasion de voir Jean-Claude Bourbault, transmettez-lui mes plus chaudes salutations.
Au plaisir d'un prochain échange.
@ + Pierre-Antoine
J'ai beaucoup aimé mon stage et je pense qu'il correspondait bien aux souhaits de Sciences Po qui voulait que nous mettions « la main à la patte » et que nous nous dépaysions. Merci de me permettre d’utiliser votre article !
Je ne suis qu’en premier cycle à Sciences Po, donc mes cours sont encore très basiques. Je fais de l’histoire, du droit constitutionnel (enfin on appelle ça « Institutions politiques »), de l’histoire, des langues et nous avons des cours d’actualité. Tout ça est en tronc commun, après nous pouvons choisir des options et des cours facultatifs pour nous rapporter plus de crédits.
Je transmettrais avec plaisir vos salutations à Jean Claude !
A bientôt,
Charline
Charline, "mettre la main à la pâte" et être la cause d'une action positive c'est quelque chose qui fait grandir. À priori, c'est le cas pour votre dépaysement en terres valdéroliennes.
Je vous souhaite bon vent pour la suite de vos études à Sciences Po.
Si ça vous dit, à l'occasion, repassez par ici pour donner de vos nouvelles.
@ + Pierre-Antoine
SALUT C SARAH DIVINE MOI BIEN SUR JE TROUVE QUE C BIEN LE CINETE CONTINUE COMME SA POUR VAL DE REUIL
Hello, SARAH DIVINE ! D'abord, merci d'être passée par ici. Tu as raison, CIN'ÉTÉ, pour Val de Reuil, c'est un moment chaud de l'été. Le cinéma s'invite dans la cité. Il coûte zéro franc au citoyen/spectateur mais nous enrichit, nous bouscule, nous fait rire, nous fait pleurer et partager mille et une émotions.
Espérons que CIN'ÉTÉ vive encore longtemps et commence déjà par fêter sa dixième année en juillet 2011.
Et surtout, remercions l’association Sous le soleil exactement et Jean-Claude Bourbault, le grand maître d'œuvre de ce festival qui font que : « L’Impossible c’est de croire que ça l’est ! »
@ + Pierre-Antoine