Dans son travail, le personnel d’un entrepôt – du manutentionnaire au responsable de site – comme une majorité de salariés français est exposé à au moins un produit chimique. Zoom sur la réglementation liée à la prévention et au contrôle.


RESPONSABILITÉ ET OBLIGATIONS DE L'ENTREPRISE


EPI.jpgLA PRÉVENTION DES RISQUES chimiques fait partie de la démarche globale de prévention de toute entreprise. Pour cela, le chef d’entreprise formalise sa démarche dans le document unique de prévention des risques. Il évalue. Il supprime ou réduit les risques. Il informe et forme tous les travailleurs et salariés exposés à des risques professionnels. C’est le Code du travail qui fixe les principes généraux de prévention dont la prévention des risques chimiques.

Pour l’aider à évaluer les risques chimiques l’entreprise dispose de différentes ressources en matière documentaire, médicale, conseil et expertise, technique. Citons en quelques unes : la caisse primaire/régionale d’assurance maladie, le médecin du travail, les associations régionales du réseau de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions du travail, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (Chsct) ou les délégués du personnel pour les entreprises de moins de 50 salariés, les clients…

Dans la pratique, l’entreprise organise la prévention autour de quatre points. Elle fait d’abord l’inventaire des produits rencontrés sur les lieux de travail, puis elle étudie l’exposition potentielle à chaque poste de travail, ensuite elle classe les risques et enfin elle bâtit un plan des actions à entreprendre. À noter, l'évaluation des risques concerne toutes les activités au sein de l'entreprise ou d’un entrepôt donné, dont l'entretien et la maintenance. Et si le travail comporte une exposition à plusieurs produits chimiques dangereux, l'évaluation prend en compte la combinaison des risques de l'ensemble de ces produits.

Prevention_Produits_Chimiques_07062010.jpgQui dit prévention dit recherche de procédés ou de produits de remplacement. À défaut, le risque doit être réduit au minimum par la mise en place de mesures de protection collective – captage à la source, bonne ventilation, zones en vase clos, etc. – et, en dernier lieu, de protection individuelle (gants, masque, combinaison, lunettes…). L’entreprise doit également prévoir des dispositifs d’urgence, des actions de formation et d’information.


QUI CONTRÔLE L'EXPOSITION AU RISQUE ?


Prevention_Produits_Chimiques_3_07062010.jpgÀ la demande de l’entreprise, seul un organisme accrédité et indépendant peut procéder à des mesures d’exposition et à des contrôles techniques annuels et/ou réguliers. Cette mesure et ces contrôles doivent se faire au moins une fois par an ou si un changement intervient et expose davantage le travailleur. Ça concerne les agents chimiques dangereux (Acd) et les agents cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (Acmr) dont la valeur limite d’exposition est réglementée. Pour les agents chimiques dangereux dont la valeur limite d’exposition n’est pas réglementée et selon les résultats de l’évaluation et des contrôles, mesure et contrôles peuvent se faire à intervalle régulier.
Si, à l’évaluation, les agents chimiques dangereux présentent un risque faible pour la santé, les contrôles sont facultatifs.

Attention !
Si on dépasse la valeur limite d’exposition contraignante d’un agent cancérigène, mutagène ou toxique pour la reproduction — il faut arrêter le travail.
Si on dépasse la valeur limite d’exposition contraignante d’un agent chimique dangereux, on prend tout de suite des mesures de protection.
Si on dépasse une valeur limite d’exposition indicative, on fait une évaluation des risques.


TROIS ACTEURS AU CŒUR DE LA PRÉVENTION


Prevention_Produits_Chimiques_4_08062010.jpgLes membres du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail bénéficient de formations adaptées à leur rôle et leur statut. Ils reçoivent aussi tous les documents de l’évaluation des risques dont les rapports du médecin du travail.
Le médecin du travail prescrit les examens ad hoc. Le dossier médical de chaque salarié est conservé durant cinquante ans. Les résultats sont communiqués à l’entreprise et au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail de manière globale et anonyme.
L’inspecteur du travail peut consulter les résultats de l’évaluation et les rapports de contrôles techniques. Il peut aussi exiger des vérifications pour tous les agents chimiques ayant une valeur limite d’exposition contraignante ou indicative.


Pour aller plus loin
Code du travail
LIVRE IV : PRÉVENTION DE CERTAINS RISQUES D'EXPOSITION
Chapitre II : Mesures de prévention des risques chimiques
(Articles R4412-1 à R4412-4) (Articles R4412-163 à R4412-164)
Décret n°2001-1016 du 5 novembre 2001 de création du document unique de prévention des risques
Travailler mieux : la santé et la sécurité au travail
Évaluation des risques professionnels
L’exposition aux risques et aux pénibilités du travail de 1994 à 2003 - Premiers résultats de l’enquête SUMER 2003

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